Opération « Zaafrane » pour le Caesar en Algérie
Le 22 avril 2008, un avion cargo ilyushin 76 de l'armée de l'air algérienne décollait de la base d'Istres, avec dans sa soute un système d'artillerie Caesar, deux VL-P4, des palettes d'obus LU211, quelques rechanges et outillages, et une vingtaine de personnels de l'armée de terre et de la société Nexter Systems.
L'opération Zaafrane démarrait une heure trente plus tard, l'avion se posait sur la base d'Ain Oussera, à 300 « ? » km au sud d'Alger. Après le débarquement le convoi s'ébranla vers le champ de tir d'Hassi Bahbah, 50km plus au sud. Hassi Bahbah est un immense champ de tir, principalement utilisé par l'armée de l'air algérienne. Ses dimensions impressionnantes, 80km de long par une vingtaine de large, autorise toutes les configurations de tir et de man½uvres.
Car l'objectif de l'opération Zaafrane était de faire la démonstration des performances de tir du Caesar en présence des autorités militaires algériennes, qui souhaitent se doter du système.
Durant les deux jours suivants, l'équipe de l'armée de terre, formée de personnels de l'école d'artillerie de Draguignan et de la STAT, réalise une série de tirs à moyenne et à très longue portée, avec une précision remarquable. Le tir d'une salve de 6 coups à 37km se traduira notamment par un groupement des impacts dans un cercle de 100m de diamètre.
Cette démonstration permit aussi de familiariser de nombreux officiers algériens avec le canon français. C'est ainsi que des sous-lieutenants de l'école d'artillerie algérienne eurent l'occasion d'effectuer quelques opération de mise en ½uvre et de tir.
Le 25 avril, le Caesar regagnait la France de nouveau à bord d'un Il-76. Mission accomplie.
L'artillerie algérienne est essentiellement constituée de matériels russes (122D30, pour l'essentiel) acquis durant la période où l'Algérie et l'ex-URSS avaient noué de très forts liens.
Le Caesar représente la nouvelle génération de systèmes d'artillerie entièrement numérisés à haute mobilité opérative. Il est capable d'intervenir rapidement pour sécuriser des frontières, grâce à sa vitesse de déplacement que permet le châssis de type camion tactique. Cet atout pourrait s'avérer très précieux dans un pays aussi grand que l'Algérie
Marc CHASSILLAN
